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Challenge (depuis le 1er janvier 2011)

  • Challenge Pierre Bottero 4/3 ! (qui se poursuit sans limite de temps!)

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Challenge Pierre Bottero : bilan et prolongation 

 

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Neutre en carbone

bonial – prospectus et catalogues en ligne pour moins de papier

25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 18:07

Un nouveau dimanche poétique grâce à Celsmoon!

 

Le gouffre

 

La chevelure au vent,
Elle allait intrépide
Vers le gouffre écumeux hurlant
A ses pieds nus,
Et l'ivresse du bruit ,
Dans ses yeux ingénus,
Lui masquait les dangers
De la vague rapide .

Tout son être vibrait
Au vacarme splendide
Sans souci des périls
A cet âge inconnu,
Frissonnant aux embruns
Du grand Large venus
Avec la Mort sournoise,
Implacable et stupide.

Puis, dans un grondement
Du récif ébranlé
Sous son linceul d'écume
Elle avait appelé,
De quelques faibles cris
De colombe blessée...

Mais l'enfant qui croyait
Ne pas être entendu
Vit Dieu même penché
Sur sa lèvre glacée,
Répondre en souriant
A l 'appel éperdu.

 

Gérald de Palmas

 

http://www.avignon-et-provence.com/vacances-ardeche/ardeche/img/aven-orgnac-02.jpg

http://www.avignon-et-provence.com/vacances-ardeche/ardeche/img/aven-orgnac-02.jpg

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 10:58

Un nouveau dimanche poétique grâce à Celsmoon!

Tien An Men


Quand les yeux ont tout vu et tout subi
Que même les dieux ont perdus de leur magie
Quand les mots ne vous répondent plus
On courbe le dos
Un jour au bout de la rue...

Vous mène là
A Tien An Men
A pas baisser les bras
Seul face à soi même
On se voit faire le pas
De donner ses chaînes
Parce qu'on a plus que ça
P't-être que Tien An Men
Est plus près que ce qu'on croit
Que nos guerres quotidiennes
Valent aussi la peine
Mais on ne les voit pas

Quand les gestes fléchissent sous le plus fort
Qu'il ne vous reste
Plus qu'a se rendre d'accord
Quand plus rien
N'est à perdre ou à prendre
On ne vous retient
Un jour la fin des méandres...

Vous mène là
A Tien An Men
A pas baisser les bras
Seul face à soi même
On se voit faire le pas
De donner ses chaînes
Parcequ'on a plus que ça
Peut-être que Tien An Men
Est plus près que ce qu'on croit
Que nos petits combats
Valent aussi la peine
Mais on ne les voit pas

Parce qu'on a encore ça dans les veines
Et pas d'autres choix
Un jour le destin vous emmène
A Tien An Men

Calogero

http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/contributions/c42b520050624130431578.jpg

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 10:29

FINAL.png

C'est avec ce livre que j'ai découvert Delphine de Vigan.


http://ecx.images-amazon.com/images/I/41qOSWOj%2BVL._SL500_AA240_.jpg

Chroniqué de cet auteur : Les heures souterraines

 

Un livre fort. Touchant. Tant par ses thèmes (les sans-abris, les liens familiaux, les surdoués) que son écriture. Delphine de Vigan sait ouvrir des portes. De façon magistrale. Même si le sujet est souvent difficile, on ne peut plus arrêter de lire. Comme on ne peut pas s'arrêter de vivre. Car c'est bien de la vie qu'il s'agit ici. De la difficulté de vivre, mais aussi de toutes ses mains qui se tendent (ou se sonttendues) pour nous aider. De celles qu'on a refusé. De celles qui ne se sont pas tendues.

On s'attache tout de suite à Lou. A son énergie. A son courage. Mais No devient elle aussi rapidement importante. Indispensable. On a tellement envie qu'elle s'en sorte. On voudrait tellement que Lou ait raison. Raison contre les autres.

Ce livre permet de nombreuses réflexions : sur ce qui peut mener les gens dans la rue, sur notre manière de réagir face à tout ça. Sur ce qui peut être fait. Sur le monde dans lequel nous vivons. On se demande à quoi nous aimerions qu'il ressemble. Ce que nous pourrions faire.

Comme dans les Heures Souterraines, Delphine de Vigan ne mâche pas ses mots. Mais pourtant elle sait nous porter jusqu'à la fin du récit pour qu'on en ressorte grandi. Un peu plus fort. Elle sait donner une place égale à l'émotion et à la réflexion. Mais par dessus tout, ses personnages sont profondément humains. On pourrait les rencontrer demain, au coin d'un rue.

Un livre plein d'humanité.

Résumé : Lou Bertignac a 13 ans, un QI de 160 et des questions plein la tête. Les yeux grand ouverts, elle observe les gens, collectionne les mots, se livre à des expériences domestiques et dévore les encyclopédies.
Enfant unique d’une famille en déséquilibre, entre une mère brisée et un père champion de la bonne humeur feinte, dans l’obscurité d’un appartement dont les rideaux restent tirés, Lou invente des théories pour apprivoiser le monde. A la gare d’Austerlitz, elle rencontre No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu’elle.
No, son visage fatigué, ses vêtements sales, son silence. No, privée d’amour, rebelle, sauvage.
No dont l’errance et la solitude questionnent le monde.
Des hommes et des femmes dorment dans la rue, font la queue pour un repas chaud, marchent pour ne pas mourir de froid. « Les choses sont ce qu’elles sont ». Voilà ce dont il faudrait se contenter pour expliquer la violence qui nous entoure. Ce qu’il faudrait admettre. Mais Lou voudrait que les choses soient autrement. Que la terre change de sens, que la réalité ressemble aux affiches du métro, que chacun trouve sa place. Alors elle décide de sauver No, de lui donner un toit, une famille, se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Envers et contre tous.

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 12:21
http://ecx.images-amazon.com/images/I/51eTeEHR%2BOL._SL500_AA240_.jpgReçu dans le cadre de l'opération MasseCritique.

Un livre très étrange. On ne sait pas trop où on va, ce qui se passe. Mais c'est agréable. Un peu comme quand on était petit et qu'on jouait à se perdre. En sachant qu'on n'était pas vraiment perdu.

Tout de suite, l'écriture de Martine Pagès séduit. Elle a un véritable style. Un véritable rythme. Impossible de la confondre avec quelqu'un d'autre. Elle a parfois des tournures de phrases à la Eric Chevillard. On se laisse porter, chahuter par ses mots.

Et puis il y a Blanche. Qui porrait être heureuse. Ne l'ai pas. Fais des choix bizarres. Un peu à côté. On aimerait la consoler. La prendre dans nos bras. Lui dire que ça va passer. Elle est un peu le symbole de toutes ses existences auprès desquelles on passe sans jamais les voir. Ni heureuse, ni désespérante.

La fin est particulièrement surprenante. On s'attend à tout sauf à ça. Et cela fait réfléchir. Finalement, ne se trompe-t-on pas sur les gens? Ne leur prête-t-on pas certaines intentions, alors qu'on s'éloigne de la vérité. On s'attend à plein de chose, comme Blanche. Mais on est toujours légèrement à côté. Comme Blanche.

Un livre intelligent et une écriture marquante.

Merci à http://www.babelio.com/images/logo.gif et aux éditions Volpilière (dont j'aime beaucoup les choix d'édition. J'avais déjà adoré La Fuite de Marie Olivier-Ziglioli).

Résumé

« Ceanothes et Potentilles » raconte l’histoire d’une jeune femme prénommée Blanche. Ni belle ni laide, juste ronde comme il faut pour accueillir la tendresse. Heureuse ? Vaste question. Elle traîne sa vie comme son ennui, elle manque d’un amour inconditionnel, celui avec le grand A.

 

Passionnée par les fleurs, jour après jour, elle se heurte à l’indifférence. Rangée numéro 7, c’est son refuge au magasin « Pep ». Si vous cherchez, vous la trouverez certainement entre les roses, les ceanothes et les potentilles…

 

Mais… personne ne la regarde, serait-elle invisible ?

 

Il faut savoir provoquer le destin ! Blanche ne va plus attendre que le prince arrive sur son fier destrier, elle va passer à l’attaque. On ne peut compter que sur soi-même après tout !

 

Stratégie machiavélique, plans extrêmes…mais jusqu’où peut nous mener la solitude ? La folie n'est parfois qu'à un seul palier de la tragédie.

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 14:04
L'auteur de No et moi nous livre ici un livre douloureux. Jusqu'au bout on espère un lumière, même une simple lueur. Il n'y aura rien. Elle nous place face à l'absurdité. Face à la violence. Violence trop ordinaire d'un monde d'un monde qui broie plus qu'il n'aide. Qui détruit plus qu'il ne construit.

Dans ce monde où la communication est devenue le maître mot, nous n'avons jamais aussi peu communiqué.  Là où tout le monde dit faire partie d'un "grande famille", on n'a jamais été aussi seule. Voilà ce que constate Mathilde, cadre d'une entreprise en communication. Pour une broutille, une simple remarque, son patron la prend en grippe. Engrenage infernale. Peu à peu son patron va essayer de la broyer. De la faire craquer. par un ensemble de petites choses. Qui misent bout à bout forment le calvaire de Mathilde. Un petit grain de sable suffit à faire dérailler la machine. Suffit aussi à découvrir l'envers du décor. L'envers du monde du travail. L'envers des gens que l'on croyait connaître. On a du mal à comprendre comment tout peut être réduit à néant. Aussi vite.

Pourtant Mathilde est une battante. Une vraie. Elle a même su se relever après la mort de son mari. Elle a su être forte pour ses enfants. Mais on assite à son effondrement. A la dernière limite où un être humain peut se tenir avant de basculer. Cette limite où il n'y a plus rien. Plus rien à prendre. Plus rien à donner.

En parallèle de cette histoire, celle de Thibault. Médecin aux Urgences Médicales de Paris. Lui affronte la misère humaine. Misère physique et affective. La solitude. La sienne et celle des autres. Lui aussi sa vie à basculer. Par deux fois. Comme celle de Mathilde. Parce que son rêve de devenir chirurgien s'est brisé un soir. Parce qu'à présent il vient de quitter la femme qu'il aime et qui est incapable de l'aimer.

Delphine de Vigan nous met face à toutes ces douleurs quotidiennes. A toutes ces violences. Personne n'est à l'abri.

Un livre très fort, servi par un style et une construction remarquable. Mais on en sort glacé. Et on ne l'oublie pas de sitôt. Dur mais indispensable.

Résumé : Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu'au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l'attend plus. Car depuis quelques mois, sans que rien n'ait été dit, sans raison objective, Mathilde n'a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu'elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte.
Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il monte dans sa voiture, se rend aux adresses que le standard lui indique. Dans cette ville qui ne lui épargne rien, il est coincé dans un embouteillage, attend derrière un camion, cherche une place. Ici ou là, chaque jour, des gens l'attendent qui parfois ne verront que lui. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies et les grands désastres, la vitesse de la ville et l'immense solitude qu'elle abrite.
Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d'eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s'arrête. Autour d'eux s'agite un monde privé de douceur.

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 09:39
Encore un nouveau dimanche poétique! Nous sommes de plus en plus nombreuses grâce à Celsmoon!

Un peu poème un long (surtout par rapport à la semaine dernière) mais que j'aime énormément.

Le Corbeau

 

Une fois, par un minuit lugubre, tandis que je m'appesantissais, faible

 

et fatigué, sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié, tandis

 

que je dodelinais la tête, somnolant presque, soudain se fit un heurt,

 

comme de quelqu'un frappant doucement, frappant à la porte de ma

 

chambre, cela seul et rien de plus

 

 

Ah! distinctement je me souviens que c'était en le glacial décembre :

 

et chaque tison, mourant isolé, ouvrageait son spectre sur le sol.

 

Ardemment je souhaitais le jour; vainement j'avais cherché d'emprunter

 

à mes livres un sursis au chagrin - au chagrin de la Lénore perdue -

 

de la rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Lénore -

 

de nom! pour elle ici, non, jamais plus!

 


Et de la soie l'incertain et triste bruissement en chaque rideau purpural

 

me traversait, m'emplissait de fantastiques terreurs pas senties

 

encore : si bien que, pour calmer le battement de mon coeur, je

 

demeurais maintenant à répéter : C'est quelque visiteur qui sollicite

 

l'entrée, à la porte de ma chambre; quelque visiteur qui sollicite l'entrée

 

à la porte de ma chambre; c'est cela et rien de plus

 

 

Mon âme se fit subitement plus forte et, n'hésitant davantage :

 

"Monsieur, dis-je, ou madame, j'implore véritablement votre pardon ;

 

mais le fait est que je somnolais, et vous vîntes si doucement frapper,

 

et si faiblement vous vîntes heurter, heurter à la porte de ma chambre,

 

que j'étais à peine sûr de vous avoir entendu." Ici j'ouvris grande

 

la porte : les ténèbres et rien de plus

 

 

Loin dans l'ombre regardant, je me tins longtemps à douter, m'étonner

 

et craindre, à rêver des rêves qu'aucun mortel n'avait osé rêver encore ;

 

mais le silence ne se rompit point et la quiétude ne donna de signe ;

 

et le seul mot qui se dit, fut le mot chuchoté "Lénore!" je le

 

chuchotai et un écho murmura de retour le mot "Lénore!" purement

 

cela et rien de plus

 

 

Rentrant dans la chambre, toute l'âme en feu, j'entendis bientôt un

 

heurt en quelque sorte plus fort qu'auparavant. "Sûrement, dis-je

 

sûrement c'est quelque chose à la persienne de ma fenêtre. Voyons donc

 

ce qu'il y a et explorons ce mystère ; que mon coeur se calme un moment

 

et explore ce mystère ; c'est le vent et rien de plus."

 

 

Au large je poussai le volet, quand, avec maints enjouement et agitation

 

d’ailes, entra un majestueux corbeau des saints jours de jadis. Il ne

 

fit pas la moindre révérence, il ne s’arrêta ni n’hésita un instant : mais,

 

avec une mine de lord ou de lady, se percha au-dessus de la porte de

 

ma chambre ; se percha sur un buste de Pallas, juste au-dessus de la

 

porte de ma chambre ; se percha, siégea et rien de plus

 

 

Alors cet oiseau d’ébène induisant ma triste imagination au sourire,

 

par le grave et sévère décorum de la contenance qu’il eut : "Quoique

 

ta crête soit chenue et rase, non! Dis-je, tu n’es pas, pour sûr, un

 

poltron, spectral, lugubre et ancien Corbeau, errant loin du rivage de

 

Nuit - dis-moi quel est ton nom seigneurial au rivage plutonien de

 

Nuit." Le Corbeau dit : "Jamais plus."

 

 

Je m’émerveillai fort d’entendre ce disgracieux volatile s’énoncer aussi

 

clairement, quoique sa réponse n’eût que peu de sens et peu d’à-propos ;

 

car on ne peut s’empêcher de convenir que nul homme vivant n’eut

 

encore l’heur de voir un oiseau au-dessus de la porte de sa chambre

 

- un oiseau ou toute autre bête sur le buste sculpté au-dessus de la porte

 

de sa chambre -, avec un nom tel que : "Jamais plus."

 


Mais le Corbeau perché solitairement sur ce buste placide, parla ce

 

seul mot comme si son âme, en ce seul mot, il la répandait. Je ne proférai

 

donc rien de plus ; il n’agita donc pas de plume, jusqu’à ce que je

 

fis à peine davantage que marmotter : "D’autres amis déjà ont pris

 

leur vol, demain il me laissera comme mes espérances déjà ont pris

 

leur vol." Alors l’oiseau dit : "Jamais plus."

 


Tressaillant au calme rompu par une réplique si bien parlée ; "Sans

 

doute, dis-je ce qu’il profère est tout son fonds et son bagage, pris à

 

quelque malheureux maître que l’impitoyable Désastre suivit de près

 

et de très près suivit jusqu’à ce que ses chansons comportassent un

 

unique refrain ; jusqu’à ce que les chants funèbres de son Espérance

 

comportassent le mélancolique refrain de "Jamais - jamais plus."

 

 

Le Corbeau induisant toute ma triste âme encore au sourire, je roulai

 

soudain un siège à coussins en face de l’oiseau, et du buste, et de la

 

porte ; et m’enfonçant dans le velours, je me pris à enchaîner songerie

 

à songerie, pesant à ce que cet augural oiseau de jadis, à ce que

 

ce sombre, disgracieux, sinistre, maigre, et augural oiseau de jadis

 

signifiait en croissant : "Jamais plus."

 


Cela, je m’assis occupé à le conjecturer, mais n’adressant pas une syllabe

 

à l’oiseau dont les yeux de feu brûlaient, maintenant, au fond de mon

 

sein ; cela et plus encore, je m’assis pour le devine, ma tête reposant

 

à l’aise sur la housse de velours des coussins que dévorait la lumière

 

de la lampe, housse violette de velours qu’Elle ne pressera plus, ah!

 

jamais plus.

 

 

L’air, me sembla-t-il, devint alors que dense, parfumé selon un

 

encensoir invisible balancé par les Séraphins dont le pied, dans la chute

 

tintait sur l’étoffe du parquet. "Misérable! m’écriai-je, ton Dieu t’a

 

prêté ; il t’a envoyé par ces anges le répit, le répit et le népenthès dans

 

ta mémoire de Lénore! Bois! oh! bois ce bon népenthès et oublie cette

 

Lénore perdue!" Le Corbeau dit : "Jamais plus."

 

 

"Prophète, dis-je, être de malheur! prophète, oui, oiseau ou démon!

 

Que si le Tentateur t’envoya ou la tempête t’échoua vers ces bords,

 

désolé et encore tout indompté, vers cette déserte terre enchantée, vers

 

ce logis par l’horreur hanté : dis-moi véritablement, je t’implore! y a-t-il

 

du baume en Judée? Dis-moi, je t’implore." Le Corbeau dit :

 

"Jamais plus!"

 

 

"Prophète, dis-je, être de malheur! prophète, oui, oiseau ou démon!

 

Par les cieux sur nous épars, et le Dieu que nous adorons tous deux,

 

dis à cette âme de chagrin chargée si, dans le distant Eden, elle doit

 

embrasser une jeune fille sanctifiée que les anges nomment Lénore

 

- embrasser une rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment

 

Lénore." Le Corbeau dit : "Jamais plus!"

 


"Que ce mot soit le signal de notre séparation, oiseau ou malin

 

esprit" hurlai-je en me dressant. "Recule en la tempête et le rivage

 

plutonien de Nuit! Ne laisse pas une plume noire ici comme un gage

 

du mensonge qu’a proféré ton âme. Laisse inviolé mon abandon! quitte

 

le buste au-dessus de ma porte! ôte ton bec de mon coeur et jette ta

 

forme loin de ma porte!" Le Corbeau dit : "Jamais plus!"

 

 

Et le Corbeau, sans voleter, siège encore, siège encore sur le buste pallide

 

de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre, et ses yeux ont

 

toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve, et la lumière de la

 

lampe, ruisselant sur lui, projette son ombre à terre : et mon âme,

 

de cette ombre qui gîte flottante à terre ne s’élèvera - jamais plus.

 

Edgar Alan Poe

 

Illustration : Giliane Bourdon
pour le recueil Vingt Poèmes d'Etrangement,
ed. Skiophoros.

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 14:45

Une de mes achats au salon de Fuveau (2009).

Un livre boulversant. Un grand coup de poing au creux du ventre. Un va et vient entre la vie et la mort. La vie de sa fille. La vie avec elle, comme autant d'instants de grâce. La mort de sa mère. Comme un voile noir sur les chose. Une souffrance terrible. Sans nom. Comme cette maladie qui dit rarement le sien. Ce livre touche à un sujet très sensible. La mort d'un parent. Et surtout sa souffrance. Souffrance de ce cancer qui ronge sa mère. Souffrance de l'auteur qui assiste impuissant.

Ce livre est d'autant plus marquant qu'il est autobiographique. Certains passages avec les médecins font vraiment froid dans le dos. L'impression de tristesse est renforcé par tous les petits souvenirs que l'auteur se rappelle. Par la différence entre l'avant et l'après.

Même si ce livre fait mal, il y a pourtant des passages plein de lumière. L'auteur nous parle de son amour de père. Des joies que lui procure sa fille. Des promenades en Provence. De la lumière. Comme autant de petits miracles pour continuer à avancer, à surmonter tout ça. Tout cela avec des mots, des rythmes qui font parfois penser à la poésie.

Un livre fort et dur. Je crois que s'il avait était plus long, je ne serais pas arrivée au bout. Mais une écriture à découvrir.

Résumé : Sa femme lui a dit un soir: « Je n'ai plus de désir pour toi. » Le lendemain elle partait avec leur petite fille de six ans, Marilou. Le choc, terrible, le projette quatre ans en arrière, lors de la disparition de sa mère. Présent et passé se télescopent. Dans la touffeur de l'été, René Frégni ne dort plus, son coeur bat trop fort, écrase tout. C'est un homme foudroyé qui se débat, qui s'accroche aux mots pour ne pas se pendre. Un hymne d'amour à toutes les amoureuses.

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 13:06

Autre billet sur cet auteur : un billet récapitulatif de mes lectures

 

Autre billet commun avec Kalistina.

C'est certainement le livre de Mauriac qui m'a le plus marqué.

Une fois de plus Mauriac explore les liens familiaux et plus particulièrement les liens mère/fils (comme dans Génitrix). Cette mère-là déteste son enfant, vivant reflet de ce mari qu'elle déteste, méprise. Tout en cet enfant lui rappelle son échec. Sa vie gâchée.

Face à elle, son époux, essaie de défendre son fils, ce petit bonhomme qui lui ressemble tant. Et c'est ce lien père/fils qui rend ce roman si touchant. Si fort. On ne peut que s'attacher à cet enfant. Comprendre sa douleur. Celle de son père surtout.

C'est un livre très court, mais qui reste à l'esprit. Comme ces injustices de la vie qu'on n'arrive pas à oublier. Quand la vie ne tient pas ses promesse. La fin est absolument magnifique. Boulversante. Il ne pouvait y en avoir d'autres. Pourtant, c'est ce que j'aurais aimé. Contrairement à plusieurs romans de Mauriac, il n'y aura pas de bonheur pour ces deux-là. Pas de rédemption sur terre. Mais les dernières lignes nous laissent le souvenir d'un immense amour.

Résumé : Pour quitter son milieu bourgeois bordelais et devenir baronne, Paule Meulière a épousé Galéas de Cernès, pauvre homme dégénéré. De cette union mal assortie, est né un fils, Guillaume, dit Guillou. Gamin disgracié physiquement, simple d'esprit, Guillou, ce "sagouin", devient vite le souffre-douleur de sa mère qui passe sur lui toute sa rage et ses regrets de s'être alliée aux Cernès. Alors que malgré tout la question de son éducation se pose, Guillou parviendra-t-il à être sauvé par l'instituteur du village, le seul qui le traite en humain?

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 16:30



Aujourd'hui, j'ai choisi de vous présenter mon autre livre préféré. Je ne cesse de relire cette pièce et je la trouve toujours aussi belle. Puissante. Magnifique.

Je reste très attachée au personnage d'Antigone. J'ai lu le texte de Sophocle, ainsi que de nombreuse réécriture (dont le magnifique roman Antigone d'Henri Bauchau), mais je suis amoureuse du texte d'Anouilh. Il me semble qu'il a su humaniser tous ces personnages. Leur donner une âme. Une existence. Très souvent je pense à eux. A leurs paroles. Ils ont pris une épaisseur. Une réalité.

A chaque lecture j'en ai des frissons. Les larmes aux yeux. Contrairement à la pièce de Sophocle, Créon a une réelle humanité. On sent toute la difficulté d'être un homme. Toute la difficulté du pouvoir. Pouvoir qui devient souvent une chaîne. L'opposition du verbe pouvoir. Comme le dit Antigone, Créon ne peut plus revenir en arrière. Il est prisonnier de ce pouvoir qu'il a accepté. Et c'est finalement lui qui me fait le plus de peine. Bien sûr je pleure sur Antigone, sur Hémon. Mais c'est pour Créon que je ressens le plus de compassion. Parce que c'est un être mis à nu. Il représente l'humain dans toute sa fatalité. Dans toute sa lassitude. Dans cette obligation a continué, parce qu'on n'a plus le choix.

Je viens d'écire mon billet sur Primo Levi et je me dis que ces deux texte vont bien ensemble. D'abord parce qu'ils ont trait à la même période. Mais surtout parce qu'ils posent la question de l'obéissance à la loi. Du moment qu'une loi a été édictée, serait-il possible que plus personne ne puisse la contourner? Antigone pose la question du devoir de désobéissance.

Anouilh dépeint magnifiquement à quel point l'homme est écrasé par tout ce qui le dépasse, mais aussi à quel point il peut se sublimer, se libérer de ses contraintes. Pour que l'humain "ne le gêne plus aux entournures".

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 16:51

Voici un livre curieux. Je l'ai acheté pensant trouver une pièce de théâtre et j'ai trouvé un scénario. Or, toutes les indications sur le positionnement de la caméra, ça va bien 5 pages...mais après, c'est lassant. Finalement, je n'ai lu que les répliques et les éléments indispensables pour bien situer l'action.

Cocteau revisite le mythe d'Orphée. Il fait de lui un poète aimé par les foules et même par la Mort. Ou du moins sa propre mort, car selon Cocteau, chaque être a sa propre mort qui le suit depuis sa naissance.

J'ai beaucoup apprécié cette nouvelles version. C'est originale, il y a quelques théories très intéressante et la fin est très belle. Le personnage d'Orphée est légèrement agaçant, on a du mal à comprendre où il veut en venir. En revanche Eurydice et Heurtebise sont très touchants. Quand au personnage de la Princesse (en réalité la Mort) il est ambigu, étonnant. Imprévisible.

Le parallèle entre l'époque "actuelle" et la tragédie antique est très bien mené. On retrouve nombre de références, de clins d'oeil.

Cette lecture m'a donné envie de voir le film.

Résumé : L'histoire a traversé les siècles... Orphée a perdu Eurydice, mordue par un serpent. Pour la ramener sur terre, il n'hésite pas à affronter tous les périls de l'enfer. Une seule condition : lors de cette lente remontée vers le monde des vivants, il ne doit pas se retourner, ni regarder la bien-aimée. Hélas ! Cocteau relance le mythe. Parmi ses personnages, quel est le plus envoûtant ? Cet Orphée, amoureux de sa mort qui va et qui vient à travers les miroirs ? La princesse qui transgresse les lois de l'au-delà pour l'amour du poète ? Heurtebise, le messager, qui apparaît et disparaît à volonté ? Eurydice ? L'Intouchable, l'Invisible, l'Ombre ? Dans un décor surréaliste où les vivants et les morts se côtoient, le film de Cocteau prolonge encore le mystère..

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