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Challenge (depuis le 1er janvier 2011)

  • Challenge Pierre Bottero 4/3 ! (qui se poursuit sans limite de temps!)

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Challenge Pierre Bottero : bilan et prolongation 

 

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 11:11

Un nouveau dimanche poétique grâce à Celsmoon!

 

Robert le diable

 

Tu portais dans ta voix comme un chant de Nerval

Quand tu parlais du sang jeune homme singulier

Scandant la cruauté de tes vers réguliers

Le rire des bouchers t'escortait dans les Halles

Tu avais en ces jours ces accents de gageure

Que j'entends retentir à travers les années

Poète de vingt ans d'avance assassiné

Et que vengeaient déjà le blasphème et l'injure

 

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne

Comme un soir en dormant tu nous en fis récit

Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie

Là-bas où le destin de notre siècle saigne

 

Debout sous un porche avec un cornet de frites

Te voilà par mauvais temps près de Saint-Merry

Dévisageant le monde avec effronterie

De ton regard pareil à celui d'Amphitrite

Enorme et palpitant d'une pâle buée

Et le sol à ton pied comme au sein nu l'écume

Se couvre de mégots de crachats de légumes

Dans les pas de la pluie et des prostituées

 

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne

Comme un soir en dormant tu nous en fis récit

Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie

Là-bas où le destin de notre siècle saigne

 

Et c'est encore toi sans fin qui te promènes

Berger des longs désirs et des songes brisés

Sous les arbres obscurs dans les Champs-Elysées

Jusqu'à l'épuisement de la nuit ton domaine

O la Gare de l'Est et le premier croissant

Le café noir qu'on prend près du percolateur

Les journaux frais les boulevards pleins de senteur

Les bouches du métro qui captent les passants

 

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne

Comme un soir en dormant tu nous en fis récit

Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie

Là-bas où le destin de notre siècle saigne

 

La ville un peu partout garde de ton passage

Une ombre de couleur à ses frontons salis

Et quand le jour se lève au Sacré-Cœur pâli

Quand sur le Panthéon comme un équarissage

Le crépuscule met ses lambeaux écorchés

Quand le vent hurle aux loups dessous le Pont-au-Change

Quand le soleil au Bois roule avec les oranges

Quand la lune s'assied de clocher en clocher

 

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne

Comme un soir en dormant tu nous en fis récit

Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie

Là-bas où le destin de notre siècle saigne

 

Louis Aragon

 

http://www.nikohk.com/wp-content/uploads/2007/07/Robert_Doisneau1.gif

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commentaires

Lystig 15/08/2010 22:32


pour moi aussi, une découverte...


Edelwe 16/08/2010 13:18



;)



bookworm 25/07/2010 16:36


Je ne connaissais pas...


Edelwe 26/07/2010 21:18



C'est tout le plaisir de ces dimanches poétiques! Les découvertes!